• Extrait N°16 du récit "Un bien pour un mal", ... Coup de pompe ...Le propriétaire du rez-de-chaussée ayant mis en vente, a dû se conforter à la loi, à savoir faire procéder à un diagnostic de performance énergétique obligatoire depuis novembre 2006 et là ! Oh… pas bien. Le compteur électrique date de Mathusalem et aucune prise n’est reliée à la terre. Pas de plombs… de quoi péter un plomb et s’électrocuter dans la cuisine ou la salle de bains ! Cependant, toujours d’après la loi,  le nouvel acquéreur ne peut pas obliger le propriétaire à réaliser des travaux d'amélioration. Il achète en toute connaissance de cause.

    Pour couronner le tout, les impôts s’acharnent sur Anaïs. Après avoir pompé sur sa retraite pour solder les arriérés, ils lui réclament la taxe d’habitation alors que bien qu’Elie vive dans la maison depuis un an, il n’y a ni eau, ni électricité, ni tout à l’égout… en bref, un dégoût total pour ces lois stupides qui nous gouvernent. Anaïs a bien sûr contesté et voici la réponse : « Veuillez fournir les factures d’eau -EDF ou les attestations de coupure du réseau,

    Il vous appartient de justifier de la vacance de votre bien tous les ans au 1er janvier de chaque année, par une attestation de mairie.

    Une attestation vide de meuble de la mairie sera demandée pour l’année 2018. Dès ces éléments en notre possession, le service procèdera au dégrèvement. »

    Beurk beurk beurk ! Il est impossible de fournir des attestations de coupure de réseaux étant donné que cette maison a été laissée à l’abandon depuis le décès d’Emma en 1972. Où donc trouver ces preuves ? De plus les meubles existants font partie de l’héritage et sont là depuis plus d’un siècle. Il n’est bien sûr, pas question de jeter ces meubles qui d’ailleurs sont beaucoup trop lourds à déplacer.

    Cela ne suffit pas que le gouvernement nous taxe de partout, même une masure sans aucun confort est imposable. L’état nous pompe même si nous n’avons pas de pompe à eau et n’en a cure de la misère qui se met en place. On régresse, on revient au Moyen-âge avec ses pratiques barbares   

     

    à suivre !


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  • Extrait N°15 du récit "Un bien pour un mal", ... l'idéal...Bon ! La sauge, la menthe, c’est bien beau tout ça mais l’idéal serait – non pas le facteur cheval qui construisit son palais pierre à pierre – quoique petit à petit l’oiseau fait son nid, mais un facteur porteur de bonnes nouvelles qui permettraient à un membre de la famille de racheter le rez-de-chaussée puisque le copropriétaire actuel semble bien décidé à vendre. La présence des héritières l’empêche désormais de se comporter en seigneur et maître de ces lieux et cela ne l’intéresse plus. Cependant vendre en l’état est totalement inconcevable pour une personne extérieure à la famille, vu l’état des étages et les travaux à réaliser en copropriété car il aurait dû participer et en lieu et place, il a préféré en faire à sa guise, uniquement pour sa pomme.

    En attendant l’idéal qui redonnerait enfin un caractère et une identité à la maison familiale, revenons sur terre. L’automne est là, indien cette année. Pourvu que l’hiver soit suffisamment futé pour ne pas dégrader la maison encore plus. Elie va à nouveau passer ces prochains mois sans chauffage. Cela devient très pesant...

    à suivre !


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  • Extrait N°14 du récit "Un bien pour un mal", ... l'antidote...Forte de ses nouveaux pouvoirs, Perrine sentant bien une faiblesse à exploiter, proposa de faire une constellation. Cette méthode, qui se pratique en groupe uniquement, consiste à créer une « constellation familiale » en choisissant au hasard parmi les autres participants, ceux qui vont représenter les membres de la famille, et à attribuer à chacun d’entre eux un rôle. Perrine prit la place d’honneur, soit celle de Mamette puis désigna Anaïs pour représenter Emma, une autre copine pour le rôle de Nannot et – allez savoir pourquoi – choisit également de faire parler Rose. C’était assez étrange, une ambiance indéfinissable, une curiosité à satisfaire. Au début, il ne se passait pas grand-chose puis Perrine entra en transes. Ah ! Quel talent, quelle comédienne ! Elle nous dévoila une sombre histoire d’amour entre Mamette, alors infirmière de guerre, et un militaire blessé dans les tranchées. Puis s’ensuivit un accouchement ou plutôt un avortement en direct live. La mise en scène était parfaite : nous avions mal pour elle. Donc Mamette aurait fauté. Bien qu’impardonnable à cette époque, cela ne convainc pas Anaïs que la malédiction vienne de là.

    Perrine laissa passer quelques semaines puis invita Anaïs à rencontrer les anges et les archanges chez elle. Encore une fois, la mise en scène était impressionnante, les décors feutrés sentaient l’encens, de nombreuses bougies blanches appelaient à la méditation. Et là ! Chapeau Perrine ! Elle dévoila une partie de la vie d’Anaïs alors inconnue pour elle. Elle fit apparaître Bout de chou, Emma et Nannot et les libéra des liens diaboliques qui les empêchaient d’évoluer là-haut, dans les secrets de Dieu. Cette scène était si puissante qu’Anaïs entendit gémir sa défunte petite sœur et ses feus parents. Au sortir, toutes deux étaient épuisées mais très détendues. Bon, d’accord, Perrine avait fait du bien quelque part mais le mystère restait entier. Anaïs abandonna ces méthodes qu’elle trouvait stériles.

    Depuis ces expériences qu’Anaïs raconta à Elie, cette dernière multiplia les démarches afin d’assainir la maison de Saorra où elle vit désormais. Elle rencontra un professionnel en la matière qui donna quelques précisions qui tiennent bien mieux la route, définissant les endroits négatifs de la maison et leur possible explication. Le mauvais sort aurait été jeté du haut du grenier vers 1795 environ. Bon Dieu mais c’est bien sûr ! La Catalogne était en pleine guerre contre l’Espagne depuis le 7 mars 1793. De nombreux conspirateurs perdirent la vie, d’autres furent persécutés, c’était la révolution avec toute la violence des montagnards, les contrebandes, les complots, les pillages. Un médecin natif de Saorra surnommé « médecin des pauvres et des animaux » et maire de Vinça déclenche la mobilisation fédéraliste, ce qui fait de lui un homme persécuté à vie. Il est constamment sur ses gardes et craint la dénonciation, chose qui lui arriva. De là, il décida de se venger et fit appel aux forces du diable contre la maison de Saorra. Il fut guillotiné en tant que conspirateur de la république. Cet homme avait-il un rapport avec la famille ? Il faudrait remonter l’arbre généalogique. Une chose est certaine : il y a une grande violence à répétition dans cette lignée familiale.

    A ce propos, Elie retrouva à l’étage supérieur de la maison, un tableau représentant Mamette telle qu’elle l’avait connue à la fin de sa vie, avec ses cheveux d’un blanc éclatant, son nez légèrement empâté, ses yeux creusés. Deux personnages se tiennent près d’elle, l’un d’eux semble très en colère. Elie ne supporte pas de regarder ce tableau peint par assurément quelqu’un de très proche de Mamette mais qui ? Il n’est pas signé. Décidemment les arts tiennent une place importante dans la famille. Elle l’a déplacé mais non caché. Mamette est toujours reine en son foyer.

    D’autres lieux ont été apparemment l’objet de perversité. Pour exemple à l’étage supérieur dans la chambre qu’Anaïs affectionne particulièrement sans savoir pourquoi, il y aurait eu des scènes d’adultère connues du village entier. La honte ! Cependant la grand-mère paternelle aurait eu un rôle protecteur. Comment cela est-il possible ? Elle n’a jamais mis les pieds là-bas. Encore un sujet à approfondir.

    Le pro de la détection surnaturelle conseilla de concocter un antidote à base de sauge, purificateur par excellence des lieux, des gens et des évènements. C’est un encens très puissant. Elie se lance donc dans la culture de la sauge.

    à suivre !


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  • Extrait N°13 du récit "Un bien pour un mal", ... Suite...Durant des années, les quatre sœurs se sont contentées de subir, pensant qu’il s’agissait d’une malédiction. Violette et Anaïs priaient, invoquant tous les Dieux possibles et imaginables mais rien n’y faisait. Pour sûr, elles demandaient à être libérées sans chercher le pourquoi du comment. En bref, elles attendaient le miracle. Anaïs rencontra au sein d’une association d’écrivains et artistes, une jeune femme pour le moins originale. Lors d’une sortie aux colonnes de Cergy dans le val d’Oise, cette dernière lui confia son nouveau secret. Assise sur la plus haute marche, elle semblait dominer le monde. Son regard illuminé était certainement le reflet des révélations de son âme au cosmos, elle était visiblement en contact avec l’au-delà. Elle venait de se découvrir un don de médium et s’exerçait sur ses amis. Dans un premier temps, elle monta un atelier d’écriture par la psychogénéalogie mais quelle expérience avait-elle ? Etait-ce bien sérieux ? Anaïs se prêta au jeu car de toute évidence, les actions négatives se multipliaient dans sa famille : décès jeunes par accident ou meurtre, misère financière alors qu’elles avaient toutes les cartes en main pour vivre sans ces soucis, solitude et isolement : elles ont toutes élevé leurs enfants pratiquement seules et sans aucune aide. Cet enchainement de malheurs débuta du vivant de Nannot si l’on en juge par le calvaire qu’Emma avait déjà vécu. L’élément déclencheur fut probablement leur mariage qui provoqua une guerre entre les deux familles à cause de la  différence de niveaux sociaux. La réputation en prenait un coup et Emma devint la bête noire, celle qui devait payer d’avoir aimé un moins riche qu’elle.

    Cette méthode d’écriture a des effets surprenants qu’Anaïs ne s’explique toujours pas. Cela lui a permis de renouer contact avec une cousine perdue de vue depuis quarante ans et à laquelle elle ne pensait absolument plus. C’est la nièce de Nannot. Toutes deux passèrent un mois d’aôut ensemble. La haine de la branche paternelle se fit sentir assez violemment mais Anaïs ne trouva pas la réponse à ses questions. Qui donc a jeté un sort sur Nannot et sa progéniture ?

    ... à suivre


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  • Extrait N°12 du récit "Un bien pour un mal", ... et si on rêvait un peu ?...Cette maison a suffisamment de caractère pour devenir un petit château, pas en Espagne mais presque puisque nous sommes en catalogne. Je verrais bien un kiosque à musique près de la rivière, des poissons rouges dans le bassin situé sous la terrasse et une tortue bien sûr ! Noblesse oblige. Elle représente bien la lenteur mais aussi l’aboutissement des efforts. Les allées sillonnant le jardin en espalier seraient dallées, un léger éclairage jaillirait des buissons et l’indispensable potager du roi régalerait les invités. Il y aurait des peintures aux plafonds, des couverts en argent, de jolis verres à eau, à vin, à digestif sans oublier le champagne accompagnant les bains de minuit. A l’heure des repas, la clochette tinterait gaiement et toute la petite famille s’apprêterait pour passer un merveilleux moment convivial. Il y aurait un peintre, un éditeur, un auteur, un apiculteur, un musicien, un jongleur, un décorateur et des artisans. Les soirées à thème seraient bien animées. Cela deviendrait un lieu de culture et de partage dans la joie et la bonne humeur. Il règnerait comme un parfum de lavande, les cloisons seraient abattues, l’air circulerait librement dans un large espace, les hôtes aussi. Cette demeure pourrait s’appeler « la rêverie » sauf que pour l’heure, elle tombe en ruine et l’esprit de famille est quasi inexistant. Le premier travail consiste donc à redonner un sens à ce précieux trésor qui ne demande qu’à rendre des générations heureuses. Tout le monde n’a pas cette chance… Réveillez-vous les ancêtres, réparez vos erreurs et vous les fantômes, levez ce voile qui empêche d’évoluer correctement. Eh oui ! Pourquoi nos quatre sœurs paieraient-elles ce lourd tribu at vitam aeternam ? Elles n’ont rien demandé, rien fait qui justifie tous ces tracas. Quel est donc ce mystère, ce secret de famille ?

     

    à suivre !


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