• Extrait N°10 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureLa dernière fois qu’Elie s’est rendue dans la maison, elle vit qu’elle se dégradait de plus en plus : le plancher au deuxième étage est à moitié écroulé ainsi qu’une poutre de soutien Vite, vite, vite, il faut agir !

    Anaïs reçut l’acte de vente du copropriétaire. Fallait-il qu’il soit niais ou bien qu’il s’imagine gruger quatre femmes sans défenses ? De toute évidence, il était bien au courant de l’acte de propriété sur lequel il est mentionné en clair qu’il n’est pas propriétaire ni de la terrasse, ni du jardin. Anaïs lui refit donc un autre courrier en accord avec ses soeurs, lui rappelant la loi et qu’elles pouvaient prétendre à être indemnisées. Il ne se démonta pas et rétorqua qu’il venait juste de mettre en vente et avait déjà un acquéreur potentiel. Il espérait avoir trouvé là quatre cruches à exploiter. Eh bien non, ça ne coulait pas de source ! Ce soi-disant acquéreur  était un gros coup de bluff. De toute façon, il exprima nettement qu’il n’indemniserait rien du tout, que son prix était ferme et définitif. Alors que faire ? Encore un procès qui coutera les yeux de la tête et de nombreuses démarches longues et fastidieuses sans même être sûres d’avoir gain de cause ? Elie et Anaïs sont lasses de toute cette mélasse, par contre Rose est prête à foncer sauf qu’elle donne des ordres et ne s’implique pas. Stop stop stop, c’en est trop.

    Face à un ours mal léché, mieux vaut se montrer mielleux et tenter de trouver un terrain d’entente. Les femmes ont cette finesse d’esprit que les hommes nomment « ruse ». On ne guérit pas le mal par le mal.

    Voyant que les quatre sœurs ne tombaient pas dans le panneau, notre ursidé ne se manifesta plus. Mais les impôts fonciers, oui ! Ils envoyaient des relances via Elie qui était financièrement à bout de souffle. De rage, elle envoya un message à la fratrie, demandant de réagir. La seule qui répondit fut Anaïs. Eh oui, lorsqu’il s’agit de payer, le contact se rompt dans la famille. Elie ayant déjà beaucoup trop payé pratiquement seule, Anaïs contacta les impôts et demanda un échéancier car il y avait trois années de retard ! L’échéancier lui fut accordé sans broncher. Anaïs contacta à nouveau Rose et Violette pour demander une petite participation. Réponse collective : on ne peut pas. Bon ! Anaïs s’y attendait. Pour le Mexique, c’était compréhensible vu le taux du peso et la petite retraite de Violette bien qu’elle ait deux enfants qui pourraient eux, faire quelque chose mais bref passons. Quant à Rose qui crie à tue-tête qu’on vit très bien avec 1000 euros par mois, refuse de donner ne serait-ce que 50 euros pour le geste au moins. Elle n’a jamais déboursé un iota pour Saorra, se fichant pas mal des efforts et tracas  d’Elie et Anaïs.  Dans le même temps, Elie perdit son travail. Elle était logée chez une vieille dame dont elle s’occupait. Heureusement qu’il lui reste sa chiche retraite mais ce n’est pas pour rien qu’elle travaillait en plus. La vieille dame malheureusement décéda, donc fin de contrat sans préavis. Elle commença à rapatrier ses affaires à Saorra et à s’y installer un peu. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Elle semble bien s’y plaire malgré le manque de confort mais au moins elle est à l’abri, nous sommes en plein hiver. Bien que le climat soit relativement doux en catalogne, le vent en bord de mer où Elie possède une tente, est insupportable. Saorra est bien protégé par la montagne.

    ... à suivre !


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  • Extrait N°9 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureElle partit acheter quelques pommes et du miel : produits locaux, dans une rue en contrebas et les offrit à ses sœurs. Décidément, le cordon familial se reformait. Cette journée fut un délice après tant d’années de discordes en tous genres. Sur le retour, Rose et Elie échangèrent des souvenirs d’enfance dans la région, évoquèrent des personnages qui étaient décédés sur cette petite route escarpée. Anaïs était trop petite et n’avait pas les mêmes souvenances. Toutes ces informations étaient bien intéressantes. Avant de regagner leurs pénates respectifs, elles décidèrent de faire un courrier en recommandé au copropriétaire afin, au moins, de l’informer des démarches et d’obtenir un rendez-vous. Elie retourna à Saorra quelques jours plus tard, démonta cette porte et y passa la nuit. A l’intérieur de la maison, les serrures étaient tellement vieilles que les clefs se cassèrent dedans. Elle réussit cependant à accéder à quelques pièces et resta en admiration devant les rideaux en dentelle d’époque, toujours en très bon état. N’ayant pas pu pénétrer dans la pièce sous la cuisine où elle avait stocké un chauffage au gaz, elle se gela malgré sa grosse couette. Janvier en montagne est très rude ! Elle put contacter l’artisan du coin qui avait bien connu la famille et lui demanda un devis pour au moins, réparer la toiture. Un couple de jeunes lui proposa ses services pour les petits travaux. Il restait à voir par où commencer tant il y avait à faire et surtout comment financer. La priorité était déjà de remplacer la porte d’entrée vermoulue car n’importe qui d’un peu bricoleur pouvait entrer facilement. Ensuite, il était vraiment impératif de réparer cette cheminée qui s’était écroulée faisant des dégâts dans la toiture, et puis les gouttières qui menacent encore de tomber sur la tête des passants. Pour la toiture, la voisine attenante se fâcha car la pluie coulait chez elle. Bien sûr, elle avait raison mais voici : bien que le devis ne fut pas excessif, il fallait trouver l’argent. Gros problème pour les quatre sœurs ! A cela s’ajoutent l’assurance et la taxe foncière.

    Comme prévu, Anaïs prépara un courrier en recommandé avec accusé réception pour le copropriétaire. Ce courrier dans un premier temps était une simple demande de rendez-vous afin de mettre les choses au clair. Il accepta. Les sœurs ne savaient pas ce qu’il avait mijoté ! Arriva le jour « J ». L’homme les fit entrer, elles furent très surprises de voir qu’il avait superbement bien aménagé le rez-de-chaussée. Après quelques échanges de politesse, il les invita à s’asseoir. Rose sortit le règlement de copropriété et lui expliqua les quelques règles de base à respecter. Il se mit dans une colère incontrôlée, se déploya haut et fort comme un ours en colère et les vira de chez lui. Les quatre sœurs restèrent calmes et ne délogèrent pas. Toujours confortablement assises, elles demandèrent à pouvoir discuter car visiblement, il n’avait pas tous les tenants et aboutissants du dossier. Il ravala sa rage prétextant qu’il ne savait pas qu’il y avait un règlement de copropriété. Rose, très futée et excellente négociatrice, lui remis une copie de cet acte. Elle avait prévu le coup ! Sa femme, les prenant pour des cruches, joua les naïves « nous payons des impôts fonciers, donc le jardin nous appartient dans sa totalité ». Quel bobard ! Tout le monde sait bien que les impôts fonciers concernent l’habitation en propriété. Enfin bref, ils tentaient de noyer le poisson qui commençait à se mordre la queue. Les sœurs, imperturbablement pacifiques, demandèrent à voir leur acte de vente. Ils ne l’avaient pas à Saorra mais dans leur seconde résidence. Bien ! Elles demandèrent qu’il leur envoie par mail afin de comparer avec ce qu’elles possédaient. Il accepta. Anaïs fut désignée pour représenter ses sœurs et éviter ainsi de s’éparpiller.

    Suite à cet accord conclu, Les sœurs demandèrent à pénétrer dans leur propre maison, à savoir les étages puisqu’elles n’avaient pas les clefs. Il fallait donc passer par la terrasse que Monsieur squattait sans état d’âme. Ah ! Pénétrer dans cette partie de la maison qui ne lui appartenait pas, était chose aisée pour lui… Cherchez l’erreur !   

    ... à suivre !


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  • Extrait N°8 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureLes voyant dans la panade, le neveu mexicain établit une proposition digne d’une compagnie d’assurance afin de payer le notaire. Au passage, il fallait lire entre les lignes (il y en avait cinq pages) car c’était une vraie supercherie. En fin de compte, il demandait à ses tantes de lui céder leur héritage, tout ceci pour avancer 1600 euros ! Quelle honte ! Les tantes, fortes de leurs expériences passées, ne se laissèrent pas abuser. Une année se passa encore et Elie en profita pour rassembler la somme. Elle paya pour tout le monde et un nouveau rendez-vous fut pris. Cette fois-ci, mise devant le fait accompli, Rose sorti de ses ténèbres et bien évidemment n’était pas d’accord. Elle inventa à nouveaux des arguments ne tenant pas la route dans l’espoir d’échapper à cette signature, sauf que sans l’accord unanime, la succession ne pouvait pas être soldée. Il fallait donc arriver à la dérider… Comment la convaincre de venir à ce rendez-vous puisque le notaire était payé ? Ce ne fut pas une mince affaire ! Elie se fâcha très fort et Rose finit quand même par refaire le contact. Elle ne voulait pas signer, craintive des frais que cela engendrerait. Il fallut lui expliquer en long, en large et en travers que de toute façon cette signature était obligatoire dans la mesure où elles avaient à nouveau accepté la succession et que dans ce cas la loi est formelle : on ne peut pas revenir en arrière. Elle usa de tous les arguments possibles et imaginables mais dut bien se rendre à l’évidence. Elle promit d’être là pour la signature. Ceci engendrait encore des frais, il y avait le voyage, l’hôtel, bref encore des arguments qu’elle avançait pour ne pas venir mais ni Anaïs ni Elie ne cédèrent à ses complaintes. Elles étaient déjà bien gentilles d’accepter de la récupérer à Perpinyà. Jusqu’à la dernière minute, il fallut relancer Rose pour qu’elle donne son heure d’arrivée. Personne n’était sûr de rien ! Enfin, ouf ! Elle indiqua dans quel hôtel elle descendait. Angoisse le lendemain : et si elle refusait de signer chez le notaire ? Il fallait s’attendre à tout.

    Violette et Anaïs remboursèrent Elie mais pas Rose qui de toute façon n’avait pas cette intention.

    Circuler à Perpinyà relève du défi ! L’hôtel de Rose se situait en face de la gare. Elie et Anaïs se perdirent dans un dédale de ruelles pour enfin atteindre l’hôtel avec une heure de retard, du klaxon plein les oreilles. Ils sont nerveux dans le sud. Anaïs alla à la rencontre de Rose qui la reçut dans sa chambre très cordialement. Par contre, le premier contact entre Rose et Elie tourna aigre. Elles craignaient toutes les deux de se revoir et il ne fallut qu’une seconde pour que ça pète. Ah, pour péter ça a pété ! Pour une broutille comme toujours dans les disputes violentes. Installées dans la voiture, Anaïs calma le jeu et en avant pour Saorra. L’ambiance devint enfin normale et la communication se fit avec bonheur. Elles s’arrêtèrent à Vilafranca de Conflent, à l’entrée de son enceinte fortifiée, pour se restaurer au « Bistrot catalan », typique de la région et excellemment délicieux. Elie restait méfiante quant à Rose qui pourtant était devenue charmante. Le restaurateur bichonnait tellement ses petits plats qu’elles arrivèrent chez le notaire avec dix minutes de retard ! S’ensuivit la lecture des actes notariés, les mille et une questions d’Elie et de Rose puis vint l’instant fatidique de la signature. Oh miracle ! Chacune signa dans la bonne humeur. Elles se rendirent ensuite à Saorra où elles ne purent entrer dans la maison. Lors de son dernier passage, Elie avait si bien barricadé à cause du propriétaire du rez-de-chaussée, qu’il fallait démonter la porte ! Elles n’avaient pas le temps et se contentèrent donc de jeter un œil au jardin où elles ne purent que constater à nouveau que le copropriétaire du rez-de-chaussée prenait de plus en plus ses aises. Elles tentèrent de le contacter mais en vain. Elles se rendirent à la mairie pour informer que la succession était enfin réglée. Le contact avec la mairesse fut très cordial car Elie était déjà bien appréciée dans le secteur. Elle se sent chez elle là-bas, c’est évident. Rose aime la région, Elie et Anaïs sont attachées à la maison, Violette chérit ses souvenirs d’enfance et tient au patrimoine. Eh bien voici que pour une fois, elles sont sur la même longueur d’ondes. Lors de cette visite éclair, elles rencontrèrent la voisine et un ami d’enfance d’Anaïs. Il était visiblement content de la revoir et lui donna des nouvelles de son amoureux d’adolescence. Anaïs eut un pincement au cœur : dire qu’elle avait failli se marier là-bas. Ses erreurs de jeunesse lui revenaient en pleine face...

    à suivre !


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    Extrait N°7 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureQuelques temps après cette incompréhension, le fils d’Anaïs souhaita connaître cette belle maison. Anaïs prévint Elie qui accepta de les retrouver le temps d’un week-end. Cette fois-ci, c’est Rose qui fit tout un pataquès ! Que cherchait donc son neveu en se rendant sur place ? N’était-elle pas fichue de comprendre qu’il s’agissait uniquement de l’amour d’un fils envers sa mère, de s’intéresser à son passé et l’aider, si besoin, à retrouver un patrimoine qui lui tenait tant à cœur ? Non, Rose a toujours dit que ses sœurs faisaient du sentimentalisme inutile. 

     Le  dialogue entre les frangines était devenu impossible, chacune restant sur ses rancœurs du passé et se mettant des bâtons dans les roues. Les quelques mails échangés étaient d’une grande méchanceté et le bateau partait à la dérive. Plus personne ne s’occupait du dossier pour lequel Anaïs avait déjà versé 200 euros. La seule adresse postale que les impôts connaissaient était celle d’Elie qui commença à recevoir toutes les factures fiscales. Outre la foudre de l’état, une tempête vint endommager la cheminée. La voisine apeurée s’en prit à Elie, puis la mairie s’en mêla. Depuis ce jour, Elie paye une assurance pour cette maison dont la succession n’est toujours pas réglée au bout de 45 ans ! La maison se dégrade de plus en plus et les travaux à faire prennent de l’ampleur, ce qui effraie en particulier Rose avec qui le contact devient quasiment utopique. Elle reste muette, ne répond plus aux messages de ses sœurs. Excédée par cette situation, Elie décide de prendre un travail dans la région de Saorra afin d’être sur place et de faire avancer ce fichu dossier. Elle alla de surprises et surprises : étant toujours un vrai Sherlock Holmes, elle découvrit que Odette avait perdu son mari et l’avait rejoint sans se faire prier, que leur fille avait mis en vente le rez-de-chaussée sans en informer les quatre sœurs qui, cela va de soi, souhaitaient récupérer ce patrimoine dans sa totalité. Elie rentra dans une rage folle et contacta la fille qui lui fit une proposition beaucoup trop onéreuse. Les quatre filles ne communiquant presque plus, Elie garda ce secret pour elle. Si elle en avait parlé à la fratrie, peut-être auraient-elles pu à nouveau acquérir ce bien ? Voici les dégâts d’un silence bien lourd à porter. Très vite, le rez-de-chaussée trouva un nouveau propriétaire, un polonais qui, ne voyant pas la famille se manifester, en pris à son aise et ne respecta pas le règlement de copropriété. N’ayant qu’un droit de passage sur la terrasse et un droit de jouissance du jardin, Môsieur se permit d’abattre les trois arbres centenaires, d’obstruer le fameux bassin et l’écoulement des eaux des étages ne lui appartenant pas, de démonter la porte du sous-sol, de pénétrer dans ces étages, propriété des quatre sœurs, de refaire le muret de la terrasse avec du béton ce qui offensa le caché catalan. Il bétonna presque tout dans les parties qui ne lui appartenaient pas et tout ceci sans consulter les quatre sœurs alors qu’il avait au moins les coordonnées d’Elie. En bref, il se comportait comme si la maison entière lui appartenait. Etant retraité, il n’était pas à Saorra en permanence. Elie réussit à trouver ses coordonnées – un vrai Sherlock Holmes vous dis-je -  La seule et unique fois où elle réussit à le joindre tourna vinaigre et de ce côté-là aussi : silence radio. Elie se rendit chez le notaire et remit le dossier en activité. Elle obtint un rendez-vous pour enfin procéder à la signature. Violette donna procuration à Anaïs qui avec Elie était prête à signer, quant à Rose… mystère et boule de gomme ! Toujours pas moyen de faire le contact. Quelques jours avant la signature, le notaire précisa qu’il fallait payer les honoraires avant le rendez-vous et par virement bancaire. Oups ! Il y avait comme un os… Chacune devait verser 400 euros, ce qu’elles ne possédaient pas. Et voici le dossier à nouveau bloqué !...

    à suivre !


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  • Extrait N°6 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureLes années passaient et personne ne s’occupait plus de cette maison hormis Odette qui vivait au rez-de-chaussée avec son mari et sa fille. Les cinq sœurs étaient de plus en plus dans la misère, chacune dans son chagrin et pratiquement sans contact vues les distances qui les séparaient. Elles se débrouillaient comme elles le pouvaient, sans repère. Pour ses études d’ethnologie, Bout de Chou fut envoyée en Corse. Elle vivait dans une famille de meuniers. Anaïs rencontra un pâtissier qu’elle épousa pour divorcer un an plus tard alors que son deuxième enfant n’avait que trois mois. Elle avait enfin touché sa part d’assurance-vie à sa majorité. Son mari se révéla être un vrai panier percé et très vite, l’argent fut dilapidé alors qu’il aurait de toutes évidences dû être investi dans la maison. Quant à Bout de Chou, elle sema le trouble chez ses logeurs en ayant une aventure avec le meunier père qui divorça pour l’épouser. Elle, qui avait toujours caché cette somme d’argent importante en faisant des heures de ménage dans une entreprise, investit beaucoup dans le moulin, tant physiquement que financièrement. Elie eut trois enfants, là-bas, au fin fond du Berry où elle vivait assez marginalement dans une vieille ferme qu’elle avait achetée, malheureusement aux deux noms : celui de son ami et elle-même alors que lui n’avait pas apporté le moindre centime. Elle se privait de bien des choses car son concubin écolo était très strict, surtout envers elle. Violette était mariée avec son mexicain et menait une belle vie de sénateur. Rose acheta une petite maison en banlieue parisienne. Toutes divorcèrent ou se séparèrent, élevant seules leurs enfants respectifs et sans aucune aide. Il était utopique d’espérer quoi que ce soit de la famille. Décidément le sort s’acharnait ! Toutes luttaient pour survivre le plus correctement possible. La seule qui n’ait pas eu d’enfant était Bout De Chou, son meunier étant d’un quart de siècle son aîné. Elle souhaita divorcer et fut obligée de fuir sur le continent, se rapprochant ainsi d’Anaïs qui lui trouva un logement décent. Avant de se rendre en région parisienne, elle avait demandé refuge à son tuteur. Son meunier la retrouva et fit les 1000 km avec la ferme préméditation de l’assassiner car il ne se voyait pas finir ses vieux jours tout seul. Il l’égorgea comme on égorge les moutons dans la montagne Corse. Dans la nuit du 8 au 9 avril 1983, Bout De Chou décéda, à 4h précisément. Elle avait 28 ans. Les quatre sœurs restantes durent subir l’atrocité du procès qui vous remet les photographies sous le nez, trois ans après le meurtre, sans oublier la reconstitution, l’autopsie, etc… enfin toute cette lourdeur de la justice en France. Il y avait décidément une tenace malédiction sur cette famille et toutes se demandaient « à qui le tour maintenant ? »

    Au bout de 25 ans après avoir renoncé à la succession, Elie reçut un courrier des affaires domaniales qui lui stipulait qu’elle pouvait désormais, avec ses sœurs, accepter à nouveau la succession, le délai étant devenu caduc. C’est la loi. Rose et Anaïs entamèrent les démarches, assez compliquées comme tout ce qui est administratif en France. Les affaires domaniales confièrent le dossier à un généalogiste. Elie était totalement opposée à cette démarche mais ne put rien faire, l’action était déjà engagée. Après de longues recherches pour voir s’il subsistait des créanciers, le généalogiste se servit bien en honoraires et seule Rose toucha son chèque. Plus qu’agacée et doutant des pratiques de Rose, Elie prit la route et se pointa à l’improviste chez le généalogiste. Elle squatta jusqu’à ce qu’il lui remette les trois chèques restant dus. Chacune toucha donc sa part, de ce qu’il restait… quelques pouillèmes qui ne leur permirent même pas de solder leurs dettes respectives. Elie avait bien raison : elles n’avaient pas besoin d’un spécialiste pour faire cette besogne, surtout qu’il omit de prendre en compte la maison de Saorra. Rose et Anaïs prirent contact avec le notaire de famille à Vernet-Les-Bains et ouvrirent le dossier pour régler enfin la succession de la maison. Des années de recherches en tous genres, des documents très difficiles à obtenir, des coups de fil, beaucoup de temps pour tourner en rond et ne pas avancer d’un chouia. A chaque fois qu’Anaïs pensait avoir soldé le dossier, Rose trouvait un nouvel argument à vérifier. Elle fit ainsi trainer l’affaire pendant de longues années, ce qui engendra des disputes entre les sœurs, des suspicions… Plus personne n’arrivait à se mettre d’accord et Violette, de son Mexique, ressassait le passé. Anaïs, convaincue que Rose faisait trainer car elle savait très bien qu’il faudrait payer le notaire, baissa les bras, ne voyant comment une issue favorable pouvait être possible et ne contacta plus le notaire. De là… silence radio ! Et les années s’écoulaient… A cette période des plus chaotiques, Anaïs se confia un peu à une très bonne amie rencontrée en Auvergne et qui était férue de généalogie. Cette amie lui fit la surprise de se rendre à Saorra lors de vacances en famille et envoya des photographies qu’Anaïs, fièrement, transmis à ses frangines. Elle déchanta bien vite lorsqu’Elie, jouant toujours les détectives, sema la pagaille s’imaginant je ne sais quel scénario. Ce fut un long interrogatoire « Qu’est venue faire cette fille à Saorra ? Dans quel but ? » Anaïs n’en croyait pas ses oreilles. C’est pour vous dire à quel point la mésentente était profonde. Jalousie ??...

     

    à suivre !


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