Une valise sur un quai, que maintient une ficelle,
Fine, comme cet espoir que tu sers dans tes mains,
Fragile, comme un silence quand s’annoncent les tourments.
Des centaines de valises que rien ne vient troubler,
Comme des récifs posés au milieu des tempêtes,
Comme l’étrave des navires qui ne reviendront pas.
Des milliers de valises jetées comme des prières
Que l’on gueule en silence à la face du ciel,
Comme un dernier recours, afin d’y croire, encore.
Des millions de valises pour des milliards de larmes,
Comme ces gouttes de vie qui coulaient lentement
Et qui venaient mourir sur les grands quais d’Alger.
DABAT.D 2008