• Oyez oyez Spinassiens !

    Dans la tête de mon mari, qui avait toujours comme objectif : bobonne à la maison, se passait des tonnes d’événements. Il profita de mon état de femme enceinte pour m’annoncer qu’il fallait que j’arrête à nouveau de travailler. Cela signifiait déménager puisqu’avec la gérance, allait le logement de fonction. Il avait bien gambergé qu’ainsi il m’éloignerait de mes amis et principalement de G….. Dans sa grande réflexion, il n’avait pas pensé que le téléphone, ça existe et que lorsqu’on veut garder des contacts avec ses amis, on y arrive toujours ! Enfin bon……..cela le rassurait alors je me mis en quête d’un nouveau logement après avoir signifié ma démission. Lorsqu’on arrête les comptes d’une gérance, c’est comme lorsqu’on veut récupérer la caution d’une location. Il y a toujours un truc qui cloche ! Après état des lieux et inventaire du passif et de l’actif, on me réclama 10 000 frs (en 1975). N’étant pas d’accord, je n’ai pas payé cette somme en me disant qu’on verra bien la suite…….il n’y avait pas mort d’homme et j’étais prête à contester !

    Nous avons emménagé 1 mois plus tard dans un logement sis en rez de chaussée d’un vieil immeuble, à Epinay/seine, toujours dans le neuf trois mais de plus en plus près du 95. plus ça allait, plus je fuyais la proche banlieue de Paris qui devenait invivable. A Epinay, nous devenions des spinassiens (je me demande où ils vont chercher ces noms d’habitants de villes !). Je vais faire un vilain jeu de mots mais nous quittions la vinasse pour la spinasse…….hélas, hélas, mais n’hélas !

    L’appartement donnait sur une cour dont nous avions l’usufruit. Il y avait 2 chambres, une salle de séjour, une toute petite cuisine carrelée de vert d’eau, une toute petite salle de bain et des toilettes. Le sol brillait par son parquet, la peinture des murs craquelait, les plafonds étaient hauts et ornés de frisure blanche. L’appartement était en contre bas. Ainsi, depuis la salle de séjour, il suffisait d’enjamber la fenêtre pour être dans la petite rue perpendiculaire à un grand boulevard toujours comblé d’un trafic intense. Il y avait au moins quelqu’un de comblé dans l’histoire……..le boulevard ! Je n’aimais pas la ville d’Epinay/seine. Je la trouvais impersonnelle et triste. Il se passait d’ailleurs beaucoup de choses que je qualifierais de maléfiques. Un après midi, alors que je glandais dans le canapé, je vis passer devant ma fenêtre, un homme, tombé du 4ème étage. Il s’était suicidé. Je n’ai pas eu le temps de dire ouf, j’ai entendu plouf. C’est impressionnant le bruit d’un corps s’éclatant au sol après une telle chute. C’est là qu’on réalise que nous sommes composés de 80% d’eau.

    Avec tout ceci, je poursuivais ma grossesse. Nous entrions dans l’année 1976 et il faisait très chaud. J’avais pris contact avec la clinique de la marne, à quelques pâtés de maison de la nôtre. Ainsi, je pouvais y aller à pieds. J’étais bien suivie et participais aux cours d’accouchement sans douleur. Nous apprenions à respirer selon la situation. Cet apprentissage me plaisait beaucoup et je me suis souvent reservi de cet art de la respiration dans divers cas plus ou moins épineux tout au cours de ma vie. Je conseille à tout le monde d’apprendre à respirer.

    Autant pour ma 1ère grossesse j’avais perdu du poids à cause de la vie difficile que je menais (voir épisodes 46 à 49 dans la catégorie biographie), autant cette fois ci, je grossissais à vue d’œil ! J’ai pris 18 kg en 9 mois. Mon bidon me servait de table tellement il en imposait ! je posais mon verre dessus. Ce n’était pas du bidon, c’était du guéridon ! L’été 1976 a connu une canicule dont on parle encore. Avec la chaleur et mon poids, je tombais régulièrement au moins une fois sur le parcours de la clinique, où je me rendais plusieurs fois par semaine. J’arrivais les genoux en sang.

    La grossesse se passait assez bien jusqu’au jour au mon cher et tendre rentra à la maison tout fier de lui « j’ai démissionné ! ». la colère m’envahit « et on va vivre de quoi ? » « ben, il reste des sous sur l’assurance vie de ta mère ! je n’ai pas besoin de travailler. Comme ça, je serais près de toi pour ta grossesse »……………………S’il avait cru me faire plaisir, il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au cou. Je lui ai conseillé de retrouver une place vite fait, bien fait.

    ..........67ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................      

    « Le petit baroudeurGrande réflexion transcendantale ! »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 4 Février 2007 à 12:00
    A l'épisode précédent on se dit : "bon, elle vient de raconter des choses les plus basses possibles, le prochain épisode cela ira mieux". Eh bien non ! c'est encore pire le coup d'après. Ce type est une véritable réclame pour une mise en fonctionnement de l'eugénisme.
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