• Ma vision était bien prémonitoire

    Je ne peux pas joindre Ghislaine car il n’y a pas le téléphone à Clichy et l’ère des portables n’en est qu’à ses balbutiements. Je n’ai pas non plus assez d’essence dans la voiture pour aller là bas, sinon je ne pourrais pas accompagner C….. à l’école lundi matin. Nous sommes dimanche et les banques sont fermées. Je suis à cours de chéquier et n’ai pas de carte bleue. Me voilà donc coincée, impuissante, totalement dépendante du temps qui me file entre les doigts. Je n’ai plus qu’à espérer que Ghislaine va rentrer, au moins venir chercher son cartable car elle en a besoin pour lundi. Je me dis aussi que s’il était arrivé quelque chose d’important, la police m’aurait prévenue puisque je suis dans l’annuaire.

    Dimanche soir : toujours rien. Aucune nouvelle.

    Lundi matin, j’emmène C….. à l’école à Clichy et bien évidemment, je suis prise par ce temps qui passe à une allure folle. Si je monte à l’appartement, je vais arriver en retard au boulot. Tant pis, j’irais ce soir. La police ne s’est pas manifestée, non plus qu’un hôpital. Je me dis que j’ai tort de m’alarmer. Je tente de me raisonner.

    La journée a été terriblement longue. Je ne pensais qu’à ma petite sœur et il me tardait que ce soit l’heure de pointer pour enfin savoir ce qui se passe à Clichy.

    17h : je fonce au volant de ma petite auto. Je ne brûle pas les feux rouges mais c’est limite ! je me faufile pour éviter les embouteillages. Je pense à mon fils C…. qui doit déjà être à l’appartement de Clichy et me demande bien s’il est avec Ghislaine ou s’il est tout seul.

    C’est toute essouflée que je grimpe 4 à 4 l’escalier en colimaçon. J’entends du bruit sur le palier.

    C…… est là, entouré de deux policiers. « Que se passe t il ? » lançais je aux agents « Qui êtes vous ? » me rétorquent t ils. « Je suis Arielle ALBY, ma sœur habite ici et le petit garçon est mon fils » « Non, Madame ! Arielle ALBY habite ici ! montrez nous vos papiers ». J’obéis. « expliquez nous ! qui est dans cet appartement ? »………je relate toute l’histoire de Ghislaine et m’efforce de faire entrer dans ces 2 crânes képités, que j’ai prêté le logement à ma sœur, pour la dépanner. « Je peux entrer maintenant ? » « Non Madame ! il y a eu un drame. On ne doit rien toucher et vous ne supporteriez pas et votre fils non plus, de voir le spectacle qui s’offre dans la salle de séjour » « J’en étais sûre ! » « Comment ça ? vous savez quoi ? ». Les policiers étaient loin de s’imaginer que j’avais eu une vision en pleine nuit. Ils m’auraient prise pour une folle si je le leur avais dit « non, je ne sais rien ! mais elle devait venir chez moi hier et je m’inquiétais » « suivez nous au poste ». Les 2 policiers nous emmènent, C… et moi dans leur voiture, direction le commissariat où un commissaire nous reçoit. Rien à faire de notre douleur, nous passons à l’interrogatoire tels des criminels. Les yeux emplis de larmes, je m’énerve « ma petite sœur vient d’être assassinée et vous nous soupçonnez ! vous ne voyez pas notre chagrin ? vous feriez mieux d’épargner ça à mon fils et de tenter de trouver où contacter mes sœurs car je n’ai pas leurs coordonnées. Vous pourriez aussi m’expliquer ce qui s’est exactement passé ». Le commissaire changea enfin de tactique et se mit à la recherche de mes frangines, après m’avoir indiqué que Léonard avait fait la route en train de Corse à Clichy. Acte prémédité ou simple dispute conjugale ? Je connais ma sœur : elle lui aura ouvert sa porte sans se méfier. Rappelez vous : il lui faisait pitié plus qu’autre chose http://www.grisy.net/article-6610519.html . Apparemment elle était en train de faire à manger et coupait du chou avec un grand couteau. Ghislaine aimait les couteaux. Elle m’en avait offert de beaux dans le passé.

    Léonard a égorgé Ghislaine à l’aide de ce grand couteau, comme on égorge les moutons dans la montagne corse. C’était un geste habituel pour lui. Je ne sais pas si elle a souffert. Elle a juste porté ses mains à sa gorge et s’est vidée de son sang.

    C’est Léonard qui a prévenu la police. Il est descendu dans la rue, a arrêté une voiture qui passait pour signaler un meurtre puis est remonté s’allonger auprès de Ghislaine et a tenté de se suicider mais s’est raté. Voici exactement la vision que j’avais eue à 4 heures du matin, au moment même où Ghislaine décédait……….2 têtes de mort, l’une vide, l’autre avec des yeux vivants.

    Il était évident que les policiers n’avaient pas cherché à me joindre puisqu’ils pensaient que c’était moi la victime, le logement étant resté à mon nom. Ils n’avaient pas trouvé le reste de la famille et pour cause ! E….. était dans son fin fond berrichon, C…. était en Espagne avec son mec et V….. était à Mexico, mariée à son mexi…con. Etant donné le peu d’intérêt que nous portaient les oncles, tantes et tuteurs………….personne ne connaissait leur existence etj’ avais été considérée « sans famille » http://www.grisy.net/article-4663062.html .

    Ce sont les voisins qui ont failli avoir une crise cardiaque lorsquils m’ont vue traverser la cour !

    ........105ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................

    « CiceronShakespeare »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 23 Mai 2007 à 12:00
    Un peu occupé en ce moment j'ai tout de même pris le temps de venir rattraper les épisodes en retard et à ton dernier article c'est la stupéfaction !
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