• Ma p’tite auto

    J’étais heureuse avec ma renault 5 dernier cri. C’était ma première vraie voiture bien à moi et je n’étais pas peu fière ! je n’oublierais jamais la tête du commercial lorsque je lui ai sorti des liasses et des liasses de billets de banque pour répondre à sa question « on fait un crédit ? ». Nous étions, A… et moi, allés acheter cette voiture en jeans et baskets et le vendeur était loin de se douter que nous avions une telle fortune dans la poche. J’avoue que j’ai retiré une certaine satisfaction devant l’ébahissement de ce type. Ca permet de frimer, l’argent !………de temps en temps, ça fait du bien mais c’est comme tout………faut pas en abuser !

    La couleur orange de ma p’tite auto m’allait bien au teint. J’étais radieuse, la fenêtre grande ouverte et mon avant bras, justement fait exprès, posé sur le rebord, histoire de frimer un peu plus !

    Qui dit voiture, dit liberté et ça : ça me collait à la peau. Plus besoin de s’entasser dans les transports en commun où odeurs nauséabondes de parfums et sueurs se mélangent dès potron minet, plus besoin de remonter cette fichue interminable petite rue, mon bébé dans un bras, mes courses dans l’autre pour finir pas arriver haletante sur mon palier. La bougeotte reprit le dessus et je programmais des sorties à tout bout de champ, des ballades en forêt le week end et enfin, j’allais pouvoir aller voir où habitait ma sœur E…..

    Elle nous attendait dans le fin fond de son berry. Ce lieu dit était fichtrement impossible à trouver ! Nous nous rendions aux Poux, entre la Châtre et Aigurande. Cré vingt Dieu (là : suis pas sûre de l’orthographe !)…….non de non……. ! à part les vaches pour nous indiquer la route, il n’y a personne dans cette région ! les villages sont désertiques. On se demande si c’est encore habité ! …..à moins qu’il y ait des fantômes……..le Berry est riche d’histoires abracadabrantes de sorcières, fées aux étangs et vieilles mégères brûlant des enfants dans les fourneaux. Faut pas harpenter seul les chemins menant aux étangs, les soirs de brume. Parmi les vaches, Oh miracle, surgit une vieille dame. Nous lui demandons notre route. Elle nous raconte l’histoire de son village depuis la nuit des temps jusqu’à la seconde guerre mondiale. Très interessant mais « comment va t on aux Poux ? » « oh ben là, vous n’êtes pas rendus ! faut passer par Crevant ». Je savais que la vieille maison de pierres de ma sœur était à 3 km de Crozon sur vauvre et la dame confondait Crevant et Crozon. Elle nous entraîna dans des méandres campagnardes où seuls les canards regardaient les vaches passer. La renault 5 prenait toute la largeur de la route……..fallait pas croiser quelqu’un ! il arrive d’ailleurs souvent que l’on voit des voitures dans le fossé, là bas, car le passage étant peu fréquent, les gens roulent excessivement vite sur ces petites routes biscornues et pas forcément en bon état. Le berry est très vert et valloné. C’est une belle région pour se ressourcer et pêcher………calme garanti !

    Ma sœur n’avait évidemment pas le téléphone dans cette masure aux larges cheminées où on peut s’y tenir debout. Les fours à pain confortent ces cheminées et le chaudron est en permanente ébullition. C’est à la tombée de la nuit que nous sommes arrivés. Ma p’tite auto orange pouvait enfin se reposer. Elle était jolie, garée sous le noyer devant la grange.

     

    ...........59ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................     

    « SartreLes « Poux » »

  • Commentaires

    1
    Lundi 22 Janvier 2007 à 12:00
    Moi aussi j'en ai eu une R5 :0085: (l'ai toutefois payée par chèque lol).
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