• Les services sociaux

    J’avais entendu dire qu’on ne restait hospitalisée qu’une semaine après un accouchement. J’attendais avec impatience l’heure de la sortie. Lorsqu’au bout de 4 ou 5 jours, je me renseigne sur la date fatidique, on me prétexte que, comme j’allaite mon enfant qui est en chambre chaude, il faut que je reste là. Il faut dire que j’étais une vraie vache à lait !  C… étant dans sa couveuse, on me tirait le lait à l’aide d’une machine. Je remplissais des litres de biberons chaque jour ! Mon lait allait en priorité à mon bébé, bien sûr, mais aussi à tous les bébés prématurés du secteur. Au moins j’ai fait ma BA mais je me suis bien faite gruger par l’hôpital ! en effet, j’ai appris par la suite que je pouvais vendre mon lait, mais on s’était bien gardé de me le dire. Tout au long de ma – je dirais « détention » - car je n’étais pas du tout d’accord pour rester cloîtrée en ce lieu qui me semble bien plus inhospitalier qu’hospitalier, j’ai eu droit à un défilé d’assistantes sociales. Je pense que je devais cette initiative à ma sœur E…… encore une fois, les frangines voulaient gérer ma vie alors qu’elles ne connaissaient pas le quart de ce que je vivais ! cela partait certainement d’un bon sentiment mais quelle purge ! vous pourrez constater qu’au fil du temps, j’ai eu maintes occasions de nourrir une certaine haine pour les services sociaux de l’état. Mais revenons à ma situation de jeune mère célibataire, mineure, orpheline et qui a son tuteur à 900 km de là. La loi dit que dans ce cas là : on ne sait pas élever un enfant. Y a pas à discuter…….c’est écrit dans les textes. Peu importe la personnalité de la mère ni l’amour qu’elle porte à son enfant. Alors, sous de grands airs fraternels, on vous questionne, on vous épie, on cherche la petite bête……la main toujours prête à décrocher le téléphone (j’allais dire la main sur la gâchette) pour faire intervenir la DASS. Non mais ! quel toupet a le gouvernement ! je n’avais rien demandé, moi. Je voulais simplement rentrer chez moi et élever mon bébé. Non mais ! de quoi me mèle je ? J’ai répondu à toutes les questions possibles et imaginables, j’ai pris sur moi pour ne pas envoyer bouler ces fonctionnaires. J’étais très en colère et ne comprends pas comment mon lait n’a pas tourné ! Ces foutues employées de l’état n’ont même pas été fichues de me renseigner sur mes droits et devoirs. Jamais, elles ne m’ont dit qu’il fallait que je reconnaisse mon enfant. Je ne pouvais pas le deviner ! pour moi, le simple fait d’avoir accouché fait preuve que c’est bien mon enfant et je n’ai pas un instant imaginé qu’il fallait que j’aille le déclarer à la mairie. De toutes façons, je ne pouvais pas me rendre à la mairie puisqu’on me gardait en ottage à l’hôpital. Et bien, ces dames n’ont même pas eu l’idée d’aborder le sujet. Elles ne m’ont pas dit non plus que je pouvais faire une demande d’allocations familiales. Ma sœur E…. a fini par comprendre mon désarroi et contacta l’association des « Ailes Brisées ». Depuis le décès de papa en 1965 (voir 16ème épisode dans la catégorie "biographie"), nous avions été convoquées quelques années de suite par les « Ailes Brisées » pour l’arbre de noël. Cette association s’occupait des veuves et orphelins d’aviateurs militaires. Mais notre famille était reconnue pour avoir été là dès l’origine de l’aviation en France. Nous étions civils et papa était moniteur instructeur. Son parcours en tant que pilote était honorable. Avec son frère, R…. (mon tuteur), ils avaient été réquisitionnés pendant la guerre car ils étaient d’excellents pilotes. Les « Ailes Brisées » nous ont donc acceptés dans leur cercle, place St Augustin à Paris.

    ...........48ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................    

     

    « D'une évidence..........Balzac »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 10 Décembre 2006 à 12:00
    J'ai lu les épisodes qui me manquaient afin de suivre. Me voilà prête pour découvrir la suite de cette parfois dure mais palpitante biographie. A bientôt. Véro
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