• Le papa et l'oie

    La petite Romane    fut bien inspirée lorsqu'hier soir, nous mangions l'oie. Je me devais de vous narrer cette fable, sortie tout droit, de notre table.            

    Un jour, un père se disait
    "C'est bientôt le réveillon de noël,
    J'aimerais bien aller chercher
    Une oie pour ma femme et ma ribambelle."

    Dans le village, il n'y a pas de magasin
    "Comment vais je faire ?", pensa t il, "ce n'est pas malin"
    Alors, il décide d'aller dans la forêt
    Pour chasser l'oie désirée.

    Mais il n'en trouve pas.
    Il se dit "Il vaut mieux que j'aille voir dans les champs,
    peut être qu'il y en aura".
    Alors, il regarde dans les prés devant,

    Jaunes, verts..... Rien ! Il n'y a que des corbeaux.
    Il se dit à nouveau " Et si je ramenais ce bestiau pour mes bambins,
    Je n'ai jamais goûté cela. Je pourrais faire le beau,
    Les surprendre. Ca se mange de partout, et même avec les mains !"

    Il tente ensuite d'attrapper l'oiseau noir aigri.
    Le voilà qui lui courre après, sans fin.
    Il se dit "Tiens, et si j'allais voir un chasseur pour qu'il me prête son fusil ?
    Ce serait plus pratique pour tuer le corbeau, enfin."

    Il se dirige vers l'homme vert dans la plaine et lui dit :
    "S'il vous plaît, monsieur, vous pouvez me prêter votre fusil tantôt ?"
    Le chasseur répond "Monsieur, que voulez vous faire avec mon fusil ?
    Désolé, on ne peut pas vous faire ce don sitôt,

    Un chasseur n'a pas le droit, fichtre
    De prêter une arme à quelqu'un qui ne sait pas s'en servir
    Et qui n'est pas assermenté, de surcroît"
    Le papa dit "S'il vous plaît, monsieur, c'est pour saisir ma proie"

    "Mais, monsieur, un corbeau, ça ne se mange pas dans notre empire,
    Désolé, monsieur, je ne peux pas, c'est impossible."
    Agacé autant que géné par sa générosité, notre homme vert se reprend :
    "Bon, monsieur, ne touchez à rien, restez là séant

    Je vais voir mon patron s'il peut faire quelque chose,
    Mais ne touchez à rien, surtout.
    Je fais cela parce que je vois que vous êtes morose."
    Le chasseur va voir son saint patron, là bas, tout au bout.

    Pendant ce temps, le papa s'empare du fusil et s'en va tuer l'écervelé.
    Le voila dans le champ jaune et il occit notre corbeau noir.
    Il s'enfuie comme un voleur, avec dans sa besace, l'animal déjà lié.
    Il est fier et garde l'espoir !

    Le réveillon venu, il teste le corbeau, le regarde bien en face,
    Et commence à le faire cuire, tout cru, comme ça !
    Sa femme demande "Tu fais cuire l'oie ?
    Tu fais bien vite ! J'espère que tu ne l'as pas achetée toute prête, papa !"

    "Ne t'inquiète pas, femme, c'est autre chose qu'une oie vide,
    Ce sera encore meilleur que tu ne le penses."
    La femme dit "Mais, c'est noir ! C'est quoi cette invention, ce bide ?
    J'ai l'impression que tu me prépares un goût de rance."

    "Non, ne t'inquiète pas, femme que j'adore,
    Appelles les enfants, nous allons bientôt passer à table."
    Quand la femme voit le corbeau qui dore encore,
    Elle réfléchit un peu dans sa tête et comprend tout, affable.

    Alors, elle fait mine de se servir et fait pareil pour ses enfants.
    Elle laisse son mari se débrouiller
    Pour lui faire comprendre quelque chose de très important.
    Le papa goûte, se casse les dents, tombe malade et vomit juste après.

    La femme lui explique et dit "Moralité, mari, il ne faut jamais agir
     De la sorte sans me tenir au courant. Et surtout, avec la famille !
    Bon courage pour t'aguérrir !

    Le goût du corbeau nous eut fait rire,
    S'il n'était le goût de ta tricherie."

    Romane, 8 ans.

    « Des routes.... Déroute !Georges Schéhadé »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 28 Décembre 2007 à 12:00
    Magnifique fable !!! j'aime beaucoup , bonne journée
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