• Le justicier

    Février 2003 : On sort enfin de l’ombre http://www.grisy.net/article-24481669.html  ! Mon doux rêve se réalise….je suis comblée. Soirée choucroute dans le bled de Lulu http://www.grisy.net/article-20341279.html pour les 38 ans de Fr….., et avec les 2 petites, s’il vous plaît ! Lulu était maintenant au courant que nous refaisions notre vie ensemble. Les petites croyaient encore que nous n’étions qu’amis mais c’était bien comme cela. Il ne fallait pas les brusquer. Elles semblaient m’apprécier malgré quelques questions latentes que je sentais au fond de leur cœur. Mln…… faisait un peu de cinéma, d’ailleurs Fr…. l’appellait Mélanoche à cause du cinoche. Elles ont vu et aimé ma maison.

    Vacances de Février : nous voilà partis tous les quatre pour passer une semaine de ski chez mon fils C…... Cela ressemblait à une famille : Fr……, ses filles, mon fils et moi même. J’étais heureuse. Cette semaine fut merveilleuse autant dans nos relations que dans les loisirs. Les petites pensaient encore que nous étions de  simples amis mais cela semblait se préciser dans leur esprit. D’ailleurs Mln… me confia qu’elle aimerait bien que je sois avec son père.

    Tout allait merveilleusement bien……sauf ! Qu’il me cachait encore. Bien sûr, Lulu, Roger et Dias savaient maintenant qu’il vivait avec quelqu’un mais j’étais toujours seule comme une idiote lorsqu’il allait voir sa mère, ses potes proches et ami(e)s. Le divorce tardait à se prononcer. Cela faisait déjà  vingt et un mois qu’il était entamé et c’était un divorce à l’amiable ! Je hais la justice française.

    Fr….. partit quelques jours avec sa mère à Merlimont. C’était un week end où il n’avait pas ses filles. Cela signifiait que le week end prochain, je serais encore seule. Cette situation me pesait beaucoup trop et je me sentais égarée lorsqu’il n’était pas là. Le fardeau était trop lourd sur mes épaules et durait depuis une éternité. Pourquoi n’avait t il pas attendu le week end prochain pour aller à Merlimont ? Il aurait emmené sa mère et ses filles et au moins nous aurions pu profiter de nos moments à nous. Je comprenais et il était normal qu’il s’occupe de sa mère mais je trouvais qu’il gérait assez mal notre couple. Il voulait faire plaisir à tout le monde et forcément, il y avait des sacrifiés…..au hasard : ma pomme.

    La semaine suivante, il rentra tard presque tous les soirs car il était invité à droite ou à gauche et comme j’étais toujours incognito……je l’avais dans l’dos ! Le bonheur se mérite. Nous lançons souvent cette morale dans la vie courante. Sommes nous conscients de nos paroles ? Il faut les vivre pour apprécier. Etre méritant est une épreuve de force, croyez moi. J’en avais assez d’être méritante. J’aurais aimé récolter un peu de nectar.

    Le retour de Merlimont vira au cauchemar. Nous avions bien entamé la soirée et étions heureux quand, au cours de notre conversation, il déclara encore que s’il laissait le pavillon de sa mère à Houilles et qu’il rachetait Argenteuil (petit appartement qu’il possédait avec sa femme et où vivaient des locataires) pour séparer les biens du ménage, il y vivrait….sans moi ! Alors que la semaine passée, il m’avait dit le contraire. Je le pris très mal. Je ne suis pas une girouette avec laquelle on fait joujou ! D’un mot à l’autre, nous en sommes arrivés à une dispute assez violente tant en paroles qu’en attitudes des deux parties. « On vit ensemble mais on n’est pas ensemble » ! Voilà ce qu’il trouva à répondre lorsque je lui dit que j’en avais marre de me cacher. S’entendre dire cela et qui mieux est, au bout de trois ans et demi d’amour et plusieurs mois de vie commune, c’était quand même très blessant. Il me fit très mal ce dimanche soir. Monsieur s’imaginait que je voulais lui mettre le grappin dessus……excusez moi, mais je ne saisissais pas bien. Le grappin dessus alors que nous vivions ensemble et qu’il était libre de tous ses gestes et mouvements. Je ne lui demandais rien lorsqu’il rentrait tard sauf… »faut il t’attendre pour manger ? », histoire de ne pas rester affamée comme une imbécile alors qu’il mangeait ailleurs. Je pensais être correcte et discrète et mes rares remarques étaient tout à fait légitimes. Monsieur avait peur que l’on touche à sa liberté. Monsieur ne me connaissait pas encore et pourtant que de sacrifices j’avais surmonté durant ces trois années ! Résultat des courses, il ne rentra pas le lendemain soir. J’avais tellement de chagrin que je ne pouvais rien avaler. De ma part, cela signifiait qu’il se passait quelque chose d’important car Arielle qui ne s’alimente pas…… c’est un vaste pléonasme !!  Cette phrase qu’il m’avait jetée comme cela en pleine figure signifiait qu’effectivement on vivait ensemble mais que rien n’était établi aux yeux des autres. Autrement dit, pour vivre heureux, vivons cachés. J’ai eu trop mal encore une fois.

    Il commença à me parler de sa copine Gigi, amie de longue date puisqu’il l’avait hébergée du temps qu’il était marié, afin qu’elle se sorte d’une mauvaise passe. Il l’invita au restaurant pour ses 59 ans. Heureusement, le midi, il était venu manger avec moi. J’avais encore fermé mon caquet et lui avais donné l’impression que tout allait bien mais au fond de mon cœur, j’avais l’amertume et j’avais peur qu’il ne rentre pas encore ce soir là….juste pour me donner une leçon et me montrer que c’était lui qui portait la culotte. Je lui ai dit qu’il était trop stupide et je le pensais vraiment.

    Ne vous méprenez pas ! Gigi était la chef de son ex et il l’avait beaucoup dépannée à une période où elle allait très mal. Je devais lui faire confiance et vous aussi chers lecteurs…vous croyez que je ne sais pas ce que vous pensez ? Il faut connaître Fr….. pour pouvoir se faire une idée et si je lui faisais confiance, c’était à juste titre. Je le connaissais à fond les manettes.

    En attendant, ce trait de caractère m’ennuyait car il était ingérable. On ne pouvait pas lui faire de reproches, cela se retournait systématiquement à notre désavantage. Il se prenait pour le seigneur et maître et rendait au centuple mais malheureusement uniquement dans le mal. Conclusion : avec lui, il fallait accepter sans broncher et cela ne me ressemblait pas. On a le droit de ne pas être d’accord……mais il ne vaut mieux pas si l’on veut éviter la sanction. Il était terriblement méchant et injuste par moments mais je l’aimais !

    Cette soirée de dimanche était des plus bizarres. Nous sommes passés par tous les stades : la joie, la douleur pour finir par passer la nuit presqu’entière à câliner. Il faisait sa propre justice croyant être dans la vérité. Il était orgueilleux.

    ........ 260ème épisode.......... à suivre..........dans la catégorie "biographie"

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 19 Novembre 2008 à 12:00
    Je crois vraiment qu'il y a entre les hommes et les femmes une incompréhension totale. Nous sommes si différents. Cette histoire me touche par certains côtés. J'aime ton écriture Arielle. A bientôt.
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