• La succession (2ème partie)

    Il a fallu réunir un conseil de famille car nous étions, ma petite sœur et moi, mineures. Les trois aînées y participaient, ainsi que les frères et sœurs de papa  car côté maman, il n’y  avait déjà plus de survivants. En tant que mineures, on ne nous mettait pas au courant. Je relate donc ce que ma sœur E… m’a raconté plus tard. Pour l’assurance vie, il a fallu payer la dernière mensualité en cours pour pouvoir y prétendre, sinon…….fffffit ! nada, que dalle ! Ce problème a été résolu et les trois aînées ont touché leur part. Ma sœur E…. a acheté une maison au fin fond du berry, ma soeur C…. a acheté une maison à Fontenay/bois (94) et ma sœur V…. a acheté une maison à Mexico où elle vivait déjà. Ghislaine et moi, sommes restées dans l’appartement du marché St Honoré près de l’Opéra à Paris. Pour nous deux, il a fallu nommer un tuteur qui gérérait l’argent jusqu’à nos 21 ans. Côté bourgeois……..courage, fuyons ! personne n’était candidat. Ma sœur E…. s’est proposée mais sa demande a été rejetée car elle était trop jeune (elle venait d’avoir sa majorité). Tonton R…. fut ainsi nommé d’office, à son grand désaroi………c’est ça l’amour d’un oncle pour ses nièces………… C’est à partir de Castelnaudary qu’il nous envoyait mensuellement un chiche mandat qui nous permettait à peine de survivre. Il ne s’est jamais préoccupé de savoir où nous vivions, ni avec qui, ni comment, ni quoi, ni qu’est ce. C’est vrai que nous n’étions pas des anges et que la responsabilité était lourde mais on n’abandonne pas deux jeunes filles orphelines aux crocs de la capitale, tout de même ! Dans sa tête, il accomplissait sa BA par ces mandats et avait la conscience tranquille. Sommes toutes, je préférais largement ne pas aller vivre dans la famille, donc ça m’arrangeait bien. Je râle pour le principe car mon cas n’est pas forcément adaptable à tous les cas et certains enfants seraient très malheureux d’une telle indifférence. Heureusement qu’il y avait cette assurance vie toutefois, car pour la succession, c’était bien plus compliqué ! Du vivant de maman, l’argent tournait. Maman en brassait beaucoup et les comptes étaient transparents. Maman jonglait avec les rentrées et les sorties. Mais à sa mort, il a fallu faire le bilan et le passif était largement supérieur à l’actif. Le conseil de famille a pris la décision de refuser la succession et pourtant, en cherchant un peu plus loin que sur les comptes bancaires, il y avait largement de quoi rééquilibrer la situation mais les trois aînées n’avaient aucun poids dans les décisions car on les considérait trop jeunes et donc bonnes pour les goujats. La famille nous connaissait tellement bien qu’elle ne savait pas nos capacités. On pouvait très bien gérer la succession nous même mais nous étions seules à en avoir conscience. On ne nous considérait pas, on ne nous écoutait pas……..on nous manipulait. Quel gâchis, quelle perte de temps et dans quelle galère on nous enfonçait ! Nous avons redemandé la succession vingt ans après, soit en 1992, car la loi l’autorise. Le temps et la dévaluation aidant,  nous avons récolté des petits bouts par ci, par là. La procédure n’est pas encore terminée. C’est ma sœur E…. qui s’en occupe.

     

    ...........43ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................     

     
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  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Novembre 2006 à 12:00
    Les successions, c'est affreux, affreux ! Vaut mieux pas compter dessus...
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