• La fugue

    Je ne me rendais même pas compte qu’à ne plus rentrer à la maison depuis si longtemps (cela faisait bien 3 semaines) et n’ayant prévenu personne, j’étais en fugue ! Je n’y pensais pas le moins du monde, je m’amusais, c’est tout. Mon esprit fugace prenait le dessus. Je vivais l’instant présent, comme je le sentais, sans aucune mauvaise pensée. Il faut dire que maman voyageait beaucoup pour son travail, que ma sœur C…. était invivable et que ma petite sœur me comprenait. Je n’avais donc aucune raison de penser qu’on se faisait du souci pour moi. Je me suis toujours sous estimée, d’ailleurs ! j’ai toujours eu la certitude que je n’interessais personne. Ce n’était pas de l’égoïsme de ma part, juste une recherche de bien être. J’ai appris par la suite que ma sœur C… qui frimait par sa culture dans les lieux chics du quartier latin (entre nous : cultivée ne signifie pas intelligente) , m’avait aperçue un jour, faisant la manche et qu’elle avait colporté que je tapinais ! Il eût été plus futé de m’aborder pour entamer le dialogue. Elle aurait bien vu qu’il n’en n’était rien, que mon jeu n’était que de l’intérêt pour l’ethnologie. Ma petite sœur, qui elle avait des neurones hautement respectables,  a d’ailleurs fait par la suite des études d’éthnologie. 

    J’étais donc en fugue ! C’est B…. qui m’en a fait prendre conscience lors d’une discussion sur le pas de porte du Bistrot 27. Nous parlions beaucoup de tout et de rien. Nous nous entendions bien. Son pote Jésus était beaucoup plus terre à terre et vidait des verres au comptoir. Je n’ai jamais su ce qu’ils faisaient là tous les deux, des heures entières. Je n’ai jamais posé de questions. Un jour, j’ai compris qu’ils étaient mal barrés quand ils m’ont proposé de gagner plus d’argent qu’à faire la manche, en devenant michtonneuse. Ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire, vous ne le trouverez pas ! Michtonneuse : c’est occuper les clients pour qu’ils restent longtemps à consommer mais surtout ne rien donner d’autre que des sourires. C’est se faire payer le champagne, c’est faire faire du profit au patron de bar. J’ai, bien évidemment refusé cette offre. Je ne manquais pas d’argent et ne traînais pas la rue par nécessité, mais par expérience. J’avais un toit. B…. a vite compris la confusion et s’est excusé. Jésus, sans aucune éducation, a continué dans ses délires sans jamais rien piger. Je ne leur en ai pas voulu. J’ai toujours été tolérante et sans rancune. Nous avons avancé dans ce début d’amitié et B… passait maintenant une bonne partie de ses journées avec moi. Un soir pas comme les autres, je me mis en tête de poursuivre l’aventure en allant passer quelques jours au bord de la mer. B… ne voulu pas suivre mais Jésus décida de m’accompagner. Nous voici donc à l’entrée du périphérique, faisant de l’auto stop, direction la manche. Ben oui ! comme mer, on ne pouvait choisir que la manche puisque ce mot nous collait à la peau………. Les gens n’ont pas eu peur de Jésus et pourtant, y avait de quoi ! On a été très vite installés dans une voiture qui se dirigeait sur Rouen. Ah ! qui m’aurait dit qu’un jour Jésus guiderait mes pas ! Evidemment, je m’amuse avec ce prénom de Jésus. Ce type était exactement ce que Jésus (je parle du fils de Dieu)  nous invite à ne pas être et cela me faisait sourire. Les contraires sont riches en réflexions. 

    Rouen était un point de chute car ma sœur E….avait une chambre à l’universté. Je savais donc où nous allions passer la nuit. Ceci démontre bien que je ne me sentais pas fugitive puisque je prévoyais d’aller visiter ma sœur……..sans la prévenir : cela va de soi !

    ...........37ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie.......................  

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  • Commentaires

    1
    Lundi 6 Novembre 2006 à 12:00
    c captivant ... et merci pour tes encouragements
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