• Jacquouille ou l’embrouille

    rapetout.jpgIl m’a fallu une année entière pour retrouver l’usage à peu près normal de mon bras et de ma main. Dans la série « je ressemble à un stroumph », je suis restée marquée pendant tout un trimestre. Je n’avais pas mal mais j’étais fortement handicapée. Je pense que le chien m’avait atrophié un muscle ou un tendon car je ne tenais rien dans ma main. Je prenais un stylo et il m’échappait ! Pour manger, je ne pouvais pas lever mon bras, alors ma bouche aidait ma fourchette qui restait bloquée à hauteur du coude. Mon bras était tout mou.
    Petit à petit, je me rééduquais, me forçant à faire des mouvements et me conditionnant mentalement pour que mon cerveau donne des ordres à ce membre dépité.
    Les propriétaires d’animaux sont, dans bien des cas, complètement inconscients des dangers que peuvent représenter leur protégé, en public. Il y a un minimum de règles de déontologie liées au dressage d’un animal et certains feraient bien de prendre des cours ! Imaginons que la même chose soit arrivée à un enfant………il eût été amputé d’un bras !
    C’est donc bien éclopée que je me suis rendue avec I…. à notre fameux rendez vous. Le cadre était charmant. On sonne. Une sorte d’ours nous ouvre la porte et nous conduit dans son séjour. C’est une immense pièce très sombre et décorée de façon assez mystique. On se croyait dans une secte.
    Qu’y a t il de plus misérable que d’exploiter la misère des autres ?
    Ce mec était petit…tout petit….ridicule. Il s’est bien engraissé sur notre compte. Après avoir quitté ces lieux (au bout de deux ans), j’ai décidé d’écrire à l’émission « Sans aucun doute ». Voici ma lettre :
     
    samedi 4 décembre 1999                                                                       
    à S.A.D
    Arnaque !
     
                Julien,
     
    Je tiens à évoquer une situation malheureusement commune et qui me révolte profondément : plus on est en état de faiblesse…plus on a affaire à des escrocs, c’est hélas une réalité.
    Voilà mon histoire :
     Juillet 1997, je suis expulsée de mon logement malgré une opposition sur salaire pour régler ma dette. Comment en suis je arrivée là ? C’est simple : j’ai élevé seule et entièrement seule puisqu’orpheline depuis l’âge de dix huit ans, mes deux enfants. Lorsque les moyens font défaut, nous sommes bien obligés de jongler pour survivre : on emprunte d’un côté, on rembourse et on ré-emprunte pour rembourser jusqu’au jour où on ne peux plus faire face, soit par lassitude, soit parce qu’un employé de l’état s’acharne avec entêtement et voracité. Certaines personnes, pas plus hautes que trois pommes hiérarchiquement parlant, détiennent des pouvoirs qui s’avèrent être entre leurs mains de vraies armes. On n’aide pas les gens dans la détresse…on les enfonce et mieux…on y prend un malin plaisir. Détruire est malheureusement une jouissance chez bon nombre d’ »humains » !
    Me voilà donc SDF !  et pourtant j’ai un travail honorable et stable puisque j’y suis depuis 1982….il y a là comme un défaut..quelque chose qui « cloche » dans notre système. Mes deux enfants sont adultes mais totalement dépendants de moi car ils sont demandeurs d’emploi (ils assurent quelques missions interim ) et de surcroit n’ont droit à aucune aide de l’état…trop jeunes pour prétendre au RMI, pas assez d’expérience pour prétendre aux Assedics et trop nouveaux sur le marché du travail pour trouver un emploi ! que le monde est bien fait ! !
    Mais revenons à notre histoire : 
    Je suis donc à la rue. Un ami accepte d’héberger mon fils et sa future femme, ma sœur accepte de me loger avec ma fille moyennant finances ! on choisit ses amis, pas sa famille.
    Ma sœur croit avoir trouvé là le bon filon et très vite cherche à me dépouiller de mes revenus… que nennie ! je préfère encore la rue. Mon objectif est de remonter la pente et non pas de la descendre encore plus. Je pars donc illico dans un terrain de camping proche de Paris, avec ma fille. Bien évidemment nous n’avons ni tente, ni aucun équipement alors nous dormons à la belle étoile près de notre vieille renault dix huit turbo ! je dois avouer que ce sont là de bons souvenirs malgré les perturbations morales et les déceptions familiales. Mais quand même, sortir de son terrain de camping tous les matins pour aller travailler : ce n’est pas banal et j’y trouve un certain charme. Dans le même temps, ma fille et moi nous mettons en quête d’un logement. Dur, dur de se loger lorsqu’il y a marqué en toutes lettres sur la fiche de paie « opposition », que l’on est farcie de dettes et qu’il nous reste juste de quoi acheter quelques patates ! (j’oubliais : j’ai opté pour le terrain de camping car c’est le seul endroit où l’on entre sans rien verser : pas de caution, le loyer se paie en partant ..à l’hotel c’était l’inverse donc impossible). Il me fallait donc rester dans ce terrain de camping jusqu’à la prochaine paie. Pas un sou d’avance, pas de prêt possible (à cette époque, j’étais interdit bancaire donc pas de chèque ni de carte…tout en liquide et quand le liquide n’éxiste pas….on s’en passe ! ne parlons pas des assistantes sociales qui à peine sorties de leur berceau sont inaptes à comprendre et deviennent par ce fait, inefficaces) : donc aucun propriétaire ne voulait de nous. Quant aux HLM…c’est justement eux qui m’avaient expulsée.
    Nous finissons quand même par trouver une solution. Il y a toujours une solution ! Une annonce parue dans « particuliers à particuliers » : annonce bien déguisée ! il s’agit en réalité d’une sous location. En désespoir de cause j’accepte toutes les conditions, à savoir pas d’adresse officielle (le courrier en poste restante à 145frs tous les trois mois plus trois francs la lettre), ne recevoir personne, pas de téléphone, j’en passe et des meilleures ! Obligée de tricher pour tous les papiers : sécurité sociale, impôts, etc et bien évidemment pas de quittance puisque les loyers se payent en espèces. Cet homme profite bien de ma misère : il me réclame deux loyers d’avance plus le loyer courant me proposant de le payer en plusieurs fois puisque je n’ai pas un sou , me fait signer un papier qui m’engage pour une année minimum et à respecter un préavis de deux mois lorsque je partirais . Je n’ai pas le choix.
    Ce papier n’a jamais été en ma possession : il l’a vite caché.
    J’y suis restée deux années. En fait il avait aménagé son logement en trois parties : trois studios avec douche et cuisine. Le premier studio que j’occupais m’étais loué 1900 Frs/mois, électricité comprise. Ma situation financière s’améliorant mais l’opposition sur salaire pour les HLM courant toujours, je lui demande au bout d’un an, s’il veut bien nous octroyer le deuxième studio pour ma fille. Pas de problèmes : il nous réclame royalement 1800 Frs/mois alors que la surface est deux fois plus petite…et deux mois de loyer d’avance au même tarif que pour le premier studio plus mêmes conditions que pour le premier studio. Nous avons donc versé au total 7600 frs de caution + 25 mois à 1900 frs + 12 mois à 1800 frs ! ! ! (j’ai aperçu par hasard sa quittance de loyer : il paye 3200 frs/mois….faites le compte !) quelle belle aubaine pour lui ! nous faisions en plus office de gardiens car avec nos sous, il a commencé à se construire une maison en province, et nous demandait de surveiller son logement ainsi que de nous occuper du jardin. Il était donc présent une semaine par mois…juste pour récolter notre argent. Il peut se permettre ces allées/retours…il est en longue maladie depuis des années suite à alcoolisme. Il s’est bien organisé une vie de loisirs et profite largement du système et de ses fuites.
    Ma fille trouvait du travail par période. Je lui conseille donc de faire une demande d’Assedic afin de boucher les trous en attendant d’avoir un travail fixe. Nous nous sommes heurtées à un mur d’incompréhension : pas d’adresse..pas droit aux Assedic ! pas moyen non plus d’annoncer une fausse adresse : la carte de sécurité sociale + la carte d’identité ne suffisent pas à l’état, il leur faut en plus une attestation d’hébergement ! …elle est pas chouette notre société ? J’en parle donc à notre cher homme qui ne veut rien savoir. Nous ne pouvons plus payer les deux loyers. N’ayant plus d’opposition sur salaire, je décide de chercher enfin un vrai logement. Je le trouve très vite mais ne respecte pas les deux mois de préavis. Ce cher « faux propriétaire » part pour le week end de la Toussaint sans nous prévenir : je ne peux donc pas lui en parler. Je commence le déménagement sans me presser puisque j’ai l’intention de lui parler dès son retour. Il rentre le lundi : moi, je suis à mon travail. En fin d’après midi, il me téléphone en colère, me traite de noms que je n’ose pas vous répéter et m’annonce que ce n’est pas la peine de venir récupérer mes meubles car il a changé la serrure et que je n’ai pas le droit d’entrer chez lui sans son accord. Il m’annonce aussi qu’il ne me rendra pas un centime sur les deux cautions. Je pars au commissariat raconter mon histoire et obtiens de récupérer mes meubles le lendemain, mais que tout soit fini avant 19h. (travaillant, je ne peux pas démarrer avant 17h..j’ai donc deux heures pour finir de déménager). En fait il a peur parce que je suis venue accompagnée. Je récupère donc mes meubles et tente de récupérer au moins une partie de la caution. Il ne veut rien savoir.
    Le lendemain, je tente de le voir…en vain : il est parti en province. Sachant que son frère ramasse son courrier, je glisse une lettre dans sa boite lui réclamant au moins un effort pour le 30 novembre dernier délai, sinon je le dénonce.
    Au 4 décembre, soit aujourd’hui, il n’a pas bougé.
     
    Que puis je faire ? je sais bien qu’en acceptant la sous location, je suis complice. Mais j’estime avoir été abusée et je le trouve de très mauvaise foi. Bien sûr je pourrais le dénoncer aux impôts et à la SCIC (son propriétaire) et dénoncer sa longue maladie (le malade imaginaire..vous connaissez ?) mais ce n’est pas dans ma mentalité et puis je ne sais pas comment m’y prendre sans que cela me retombe dessus. J’ai déjà assez souffert..faut arrêter les dégâts !
    J’ai bien une idée…il faudrait le piéger : envoyer un nouveau locataire fictif , filmer, enregistrer, etc… mais ce n’est pas dans mes cordes.
    Voilà pourquoi je sollicite votre aide. Ce n’est pas tant pour la caution mais pour le principe et puis j’aimerais que vous passiez le message suivant : comment se protéger de tels abuseurs. Comment penser avant d’avoir à panser ? je suis sûre que Maître V…. ? (je ne connais pas l’orthographe de son nom : qu’il me pardonne) connaît la solution. La misère est un bon filon, je n’aimerais pas que tous les miséreux souffrent encore plus.
     
    Je tiens à préciser que je souhaite garder l’anonymat. Personne à mon travail ne connaît ma vie et je n’ai pas envie que cela commence aujourd’hui. J’ai de longues années d’ancienneté et ne tiens pas à ce que cela s’arrête à cause d’un ancien alcoolique pervers.
     
    Je vous remercie de m’avoir lue et réitère mon profond respect pour votre émission.            Arielle ALBY
     
    ……………. J’ai bien eu une réponse du service de Mr Courbet, du genre :  « Votre courrier a retenu toute notre attention. Cependant, nous le mettons de côté car nous devons regrouper plusieurs cas similaires pour pouvoir en faire une émission. Etc…………………
    Je n’ai jamais été contactée.
    Quelle déception ! Je pense qu’il n’a pas donné suite car je refusais de passer à l’antenne. Je ne faisais pas monter l’audimat !
    Dommage………Jacquouille l’embrouille coure toujours.

    ......153ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie..................
     
    « A chevalFabuleux ! »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 4 Octobre 2007 à 12:00
    Tu es vraiment passée par de drôles de trucs... J'espère qu'aujourd'hui tu connais enfin le bonheur !
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