• Fr…. se soigne……. !

     Fr……….est doté d’une volonté d’acier, lui qui faisait trop de fer. Il était capable de se métamorphoser en un clin d’œil. Je n’avais jamais vu ça. Lorsqu’il sortait de chez le toubib, il prenait de grandes décisions pour se soigner et cela m’effrayait. Il devenait instantanément sage comme une image car il prenait conscience que ses enfants avaient besoin de lui et devenait bien déterminé à changer son mode de vie. Il prenait garde à son alimentation et ne touchait plus une goutte d’alcool alors qu’il était fortement imbibé et fervent admirateur de viande rouge. Il devenait aussi fade que le contenu de son assiette et ne me plaisait plus. Fr….sans piment n’est pas le Fr…. que je connaissais. Le manque d’allégresse, la platitude ne lui allaient pas.

    Sa volonté farouche s’estompait au bout d’une quizaine de jours et le naturel revenait au galop. En fait, il était fort un temps. Ses efforts étaient éphémères comme tous les événements de sa vie. Fr…. est instable……….. tout comme moi !

    Il disait que sans l’alcool, il se disputait encore plus avec sa femme car elle aimait boire aussi et semblait avoir des manques. Elle faisait des efforts pour ne pas boire devant lui afin de ne pas le tenter. Je trouve que c’était une preuve d’amour de sa part. Finalement, sa femme n’était pas aussi noire que ce qu’il décrivait et je commençais à me dire que le problème venait de lui.

    Il disait être beaucoup plus acéré dans ses propos lorsqu’il était à jeun et que cela dégénérait. Fr… était déjà très provocateur lorsqu’il avait un coup dans le nez, alors j’imaginais avec horreur les scènes qu’il pouvait déclencher dans son foyer. Je l’ai vu, un soir qu’il m’avait emmenée à la fête des loges dans la forêt de Saint Germain http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%AAte_des_Loges , chercher des noises aux forains. Il était d’ailleurs tellement eméché qu’il me tenait tendrement par le cou……….. C’était un signe car il ne montrait pas ses sentiments en public ! J’ai eu très peur mais fort heureusement, les forains n’ont pas joué son jeu. Il ne faut pas les cataloguer comme on a tendance à le faire. Ils savent se tenir.

    Fr….. avait tendance à perdre la mémoire et se trompait souvent dans mon prénom. Cela me faisait rire. N’importe quelle femme lui aurait fait une scène…moi non ! je discernais très bien qu’il n’y avait pas d’ambiguïté. Je lui faisais confiance. Il m’appelait Arlette ! En fait, c’était la nourrice de ses deux dernières. Non, je ne ressentais absolument pas de jalousie : c’était un gag, une erreur maladroite et spontanée sur laquelle je n’avais aucun doute. C’était tout lui : les paroles sortaient de sa bouche sans aucun contrôle..à l’état brut…tout à fait naturellement, presqu’avec naïveté. Sauvage et sincère, pèle mèle…comme il le sentait ! pas organisé, pas prémédité, juste vrai. Il inspirait la vie, lui qui jouait avec, et j’aspirais son souffle à sa bouche. J’ai longuement happé sa respiration , avec une profonde tendresse. Il m’avait apprivoisée.

    Je ne réalisais pas que ses pertes de mémoire pouvaient être liées à sa maladie.

    ......193ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie................

    « Jean-François Paul de GondiElpénor »

  • Commentaires

    1
    Samedi 1er Mars 2008 à 12:00
    Bonjour ! un ptit coucou ! bon week end ! bisous !
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