• Extrait N°6 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écriture

    Extrait N°6 du récit "Un bien pour un mal", en cours d'écritureLes années passaient et personne ne s’occupait plus de cette maison hormis Odette qui vivait au rez-de-chaussée avec son mari et sa fille. Les cinq sœurs étaient de plus en plus dans la misère, chacune dans son chagrin et pratiquement sans contact vues les distances qui les séparaient. Elles se débrouillaient comme elles le pouvaient, sans repère. Pour ses études d’ethnologie, Bout de Chou fut envoyée en Corse. Elle vivait dans une famille de meuniers. Anaïs rencontra un pâtissier qu’elle épousa pour divorcer un an plus tard alors que son deuxième enfant n’avait que trois mois. Elle avait enfin touché sa part d’assurance-vie à sa majorité. Son mari se révéla être un vrai panier percé et très vite, l’argent fut dilapidé alors qu’il aurait de toutes évidences dû être investi dans la maison. Quant à Bout de Chou, elle sema le trouble chez ses logeurs en ayant une aventure avec le meunier père qui divorça pour l’épouser. Elle, qui avait toujours caché cette somme d’argent importante en faisant des heures de ménage dans une entreprise, investit beaucoup dans le moulin, tant physiquement que financièrement. Elie eut trois enfants, là-bas, au fin fond du Berry où elle vivait assez marginalement dans une vieille ferme qu’elle avait achetée, malheureusement aux deux noms : celui de son ami et elle-même alors que lui n’avait pas apporté le moindre centime. Elle se privait de bien des choses car son concubin écolo était très strict, surtout envers elle. Violette était mariée avec son mexicain et menait une belle vie de sénateur. Rose acheta une petite maison en banlieue parisienne. Toutes divorcèrent ou se séparèrent, élevant seules leurs enfants respectifs et sans aucune aide. Il était utopique d’espérer quoi que ce soit de la famille. Décidément le sort s’acharnait ! Toutes luttaient pour survivre le plus correctement possible. La seule qui n’ait pas eu d’enfant était Bout De Chou, son meunier étant d’un quart de siècle son aîné. Elle souhaita divorcer et fut obligée de fuir sur le continent, se rapprochant ainsi d’Anaïs qui lui trouva un logement décent. Avant de se rendre en région parisienne, elle avait demandé refuge à son tuteur. Son meunier la retrouva et fit les 1000 km avec la ferme préméditation de l’assassiner car il ne se voyait pas finir ses vieux jours tout seul. Il l’égorgea comme on égorge les moutons dans la montagne Corse. Dans la nuit du 8 au 9 avril 1983, Bout De Chou décéda, à 4h précisément. Elle avait 28 ans. Les quatre sœurs restantes durent subir l’atrocité du procès qui vous remet les photographies sous le nez, trois ans après le meurtre, sans oublier la reconstitution, l’autopsie, etc… enfin toute cette lourdeur de la justice en France. Il y avait décidément une tenace malédiction sur cette famille et toutes se demandaient « à qui le tour maintenant ? »

    Au bout de 25 ans après avoir renoncé à la succession, Elie reçut un courrier des affaires domaniales qui lui stipulait qu’elle pouvait désormais, avec ses sœurs, accepter à nouveau la succession, le délai étant devenu caduc. C’est la loi. Rose et Anaïs entamèrent les démarches, assez compliquées comme tout ce qui est administratif en France. Les affaires domaniales confièrent le dossier à un généalogiste. Elie était totalement opposée à cette démarche mais ne put rien faire, l’action était déjà engagée. Après de longues recherches pour voir s’il subsistait des créanciers, le généalogiste se servit bien en honoraires et seule Rose toucha son chèque. Plus qu’agacée et doutant des pratiques de Rose, Elie prit la route et se pointa à l’improviste chez le généalogiste. Elle squatta jusqu’à ce qu’il lui remette les trois chèques restant dus. Chacune toucha donc sa part, de ce qu’il restait… quelques pouillèmes qui ne leur permirent même pas de solder leurs dettes respectives. Elie avait bien raison : elles n’avaient pas besoin d’un spécialiste pour faire cette besogne, surtout qu’il omit de prendre en compte la maison de Saorra. Rose et Anaïs prirent contact avec le notaire de famille à Vernet-Les-Bains et ouvrirent le dossier pour régler enfin la succession de la maison. Des années de recherches en tous genres, des documents très difficiles à obtenir, des coups de fil, beaucoup de temps pour tourner en rond et ne pas avancer d’un chouia. A chaque fois qu’Anaïs pensait avoir soldé le dossier, Rose trouvait un nouvel argument à vérifier. Elle fit ainsi trainer l’affaire pendant de longues années, ce qui engendra des disputes entre les sœurs, des suspicions… Plus personne n’arrivait à se mettre d’accord et Violette, de son Mexique, ressassait le passé. Anaïs, convaincue que Rose faisait trainer car elle savait très bien qu’il faudrait payer le notaire, baissa les bras, ne voyant comment une issue favorable pouvait être possible et ne contacta plus le notaire. De là… silence radio ! Et les années s’écoulaient… A cette période des plus chaotiques, Anaïs se confia un peu à une très bonne amie rencontrée en Auvergne et qui était férue de généalogie. Cette amie lui fit la surprise de se rendre à Saorra lors de vacances en famille et envoya des photographies qu’Anaïs, fièrement, transmis à ses frangines. Elle déchanta bien vite lorsqu’Elie, jouant toujours les détectives, sema la pagaille s’imaginant je ne sais quel scénario. Ce fut un long interrogatoire « Qu’est venue faire cette fille à Saorra ? Dans quel but ? » Anaïs n’en croyait pas ses oreilles. C’est pour vous dire à quel point la mésentente était profonde. Jalousie ??...

     

    à suivre !

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Février à 12:57
    Oui une famille qui.n'a pas de chance. Pauvre bout de chou. J'ai eu du plaisir à te lire. Bisous
    2
    Vendredi 9 Février à 19:07
    Que c'est triste pour Bout de Chou.. une vie de malheur. un beau roman en tout cas!
    3
    Annick
    Samedi 10 Février à 12:40

    J'ai eu beaucoup de plaisir à lire les 6 extraits du récit "Un bien pour un mal"

    d'autant plus que je connais cette belle région...

    Je suis vraiment désolée de cette mésentente entre soeurs

    et j'espère que tout cela va s'arranger pour garder la maison et tous les souvenirs qui vont avec...

    Moi-même j'ai des soucis suite au décès de mon père en juillet 2017,

    je suis choquée avec une de mes sœurs (nous sommes 4 sœurs restantes aussi car une sœur décédée du cancer en 2006)

    car la succession ne se passe pas bien...

    En attendant de lire la suite ou le livre entier,

    Grosses bises chère Arielle.

      • Samedi 10 Février à 17:04

        C'est quand même bluffant toutes ces similitudes entre nos vies ...

        Bises Annick

    4
    Samedi 10 Février à 16:54

    Salut On a eu une belle journée pour un mois de février.

    Bon dimanche

    5
    Mercredi 14 Février à 17:36

    Comme la vie peut être dure, compliquée, c'est fatigant, car ce sont des disputes, des retours en arrière, des papiers à remplir qu'on ne comprend pas toujours. des lois, des vols, des jalousies... Bonne soirée Arielle. Bises.

    6
    Jeudi 15 Février à 15:05

    Salut

    On a un super beau temps avec 11°.

    Un super temps pour les courses.

    Bonne journée

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