• De dos, on me donnait 18 ans…..

    Comme tous les ans, je passais la visite médicale du travail…J’étais apte de chez apte ! 12/7 de tension, un poids stabilisé à 67kg4 depuis 1 an (71kg deux 2 ans auparavant), pas de sang dans les urines, enfin bref…je semblais avoir 18 ans d’après la toubib. Je me suis empressée d’annoncer cette bonne nouvelle à Fr…… et nous bûmes un café avec Jacquot, pour fêter l’événement. Fr…. avait de plus en plus de travail et nous ne nous revîmes pas de la journée. Quelle a été ma surprise lorsqu’il me téléphona à 21h30 alors qu’il quittait seulement l’entreprise ! Il s’était imaginé que je ne croyais pas qu’il avait réellement une surcharge de travail et voulait me prouver qu’il était sincère. Cela me fit plaisir car c’était une nouvelle preuve d’amour, une preuve qu’il ne voulait pas me froisser. Mais le lendemain fut bien différent : il me posa encore un lapin.

    Je savais que c’était par manque de temps et qu’il aurait aimé me voir mais je ne pouvais toujours pas m’empêcher d’être contrariée. Je savais que quand il pouvait, il faisait. Je savais qu’il avait constamment l’intention de s’occuper de moi et que trop souvent il était victime des aléas de la vie. Je savais tout ça mais j’avais beaucoup de peine à gérer et j’étais encore triste. Si cela avait été à refaire, je lui aurais dit non. C’était le 2ème mec qui me piègeait : séparé de sa femme lorsque je le rencontre et retour avec sa femme 3 mois plus tard ! C’était le 2ème qui m’humiliait de la sorte ! C’était le 2ème à qui je servais de roue de secours. J’en avais une over dose. Plus jamais, au grand jamais, je n’accepterais de continuer avec un homme qui vit avec sa femme, me disais je. J’aurais aimé repartir à zéro. Le cours des choses aurait été tout autre si j’avais refusé de continuer lorsqu’il se remit en couple. Ou bien je ne l’aurais jamais revu et la souffrance se serait vite estompée puisque c’était le début de notre histoire, ou bien il l’aurait quittée sa femme et j’aurais eu une chance d’être enfin pleinement heureuse. Je n’avais pas eu le cran de relever ce défi et je m’en voulais. Notre relation était trop perturbatrice, trop en dents de scie et j’étais à vif.

    Bien sûr : les imprévus étaient excitants, mais je préfèrais lorsqu’ils allaient dans le bon sens et ce n’était pas toujours le cas. Fr….. se laissait porter par la vie. Il ne provoquait pas les rencontres ou très peu  et s’en remettait plus à la providence. Avec lui, il n’y avait aucune sécurité. Tout pouvait être remis en cause au simple vol d’une mouche, tout pouvait basculer en une fraction de seconde, tout était possible ! Dur, dur à vivre ce mec ! Rien n’était figé, rien n’était programmé….tout pouvait arriver : le meilleur comme le pire.

    Nous devions continuer le carrelage dans ma salle de bains http://www.grisy.net/article-20807702.html mais le temps nous manquait car à se voir entre cinq et sept, il fallait vite retourner à l’usine. J’étais contente car il n’avait pas annulé ce nouveau rendez vous malgré cela et ne s’était consacré qu'à moi…rien qu’à moi. Nous avions donc passé encore quelques heures inoubliables et sommes retournés travailler en fin de journée….à l’heure où les autres quittent le travail ! La sagesse nous dicta donc de prendre notre lundi après midi pour nous occuper des joints car le temps passait si vite lorsque nous étions ensemble qu’il fallait bien une demi journée pour faire quelques finitions………rien à faire : nous ne savions pas et d’ailleurs ne voulions pas ne pas joindre l’utile à l’agréable. Chaque bricolage était un prétexte pour nous voir.

    Lundi donc, nous voilà partis bras dessus bras dessous faire les courses en grande surface : du whisky, de la bière, des haricots verts et de la bonne viande rouge. A la maison, mon amour nous  mijota l’onglet aux échalottes. Ce fut un vrai régal ! Il m’avoua qu’avec moi, il pouvait faire ce qui lui plaisait (cuisiner en l’occurrence) et il était heureux. Un de ses rêves aurait été d’être cuisinier et je le laissais s’exprimer, et j’appréciais son plat….c’était des choses simples mais qu’apparemment il ne pouvait pas concrétiser chez lui.

    Sortis de table à l’heure où le soleil se couche l’hiver, nous avions enfin attaqué la salle de bains après, je vous l'’avoue, un dessert style casse croute bien à nous. Une heure de boulot et l’affaire carrelage était close. Nous sommes donc passés à l’apéro du soir. Dans l’entre temps, ma fille I……. et son pékin de Cl…….  arrivèrent et à ma grande surprise et joie, mon amour nous tint compagnie jusqu’à la nuit. Il n’avait visiblement pas envie de rentrer chez lui. Cela lui arrivait de plus en plus. Il oublia d’ailleurs ses vêtements de travail à la maison…volontairement ou non ? Je ne le savais pas mais je constatais qu’à chaque passage, il laissait un peu de lui : des outils par ci, des vêtements par là…et j’aimais ça.

    Ce lundi là, nous avions beaucoup plaisanté sur le fait que nous ne vivions pas ensemble. Nous en parlions de plus en plus, toujours indirectement, sous forme de boutade et finalement je crois que nous nous essayions sans nous le dire franchement. Chaque instant passé à la maison ressemblait à un entrainement de vie commune mais tous deux fuyions la réalité. Je pense qu’il en crêvait d’envie autant que moi. J’espèrais bien que nous allions concrétiser………vivre à deux enfin ! 

    ......232ème épisode..........à suivre........dans la série Biographie..............

    « Le rôdeur des docksPréserver la nature »

  • Commentaires

    1
    Lundi 14 Juillet 2008 à 12:00
    Je te le souhaite vraiment, mais comme Patriarch, j'avoue que quelque chose me dit que non, cela n'a pas abouti tout ça..malgré ta patience..mais bien sûr, je dois me tromper..gros bisous et bon 14 juillet :0010:
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